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François Vincentelli

François Vincentelli

Le plus Corse des Bruxellois

Dans la carrière du comédien belgo-corse François Vincentelli, “Au cul du loup” pourrait ressembler à un beau film de transition.


Dans la carrière du comédien belgo-corse François Vincentelli, “Au cul du loup” pourrait ressembler à un beau film de transition...

Saint-Gilles, dans un salon plutôt confortable de l’Hôtel Manos. Tandis que la chaleur qui se dégage de la cheminée nous fait oublier que l’hiver pointe le bout de son nez, le visage de François Vincentelli irradie. Et on le comprend, le bougre ! Alors qu’il donne actuellement la réplique à François Berléand dans “Quadrille” sur les planches françaises et qu’il enchaînera cette année la troisième saison de la série “Hard”, notre néo-quadra parle du rôle sans doute le plus symbolique de sa carrière : celui du berger corse dans “Au cul du loup”, le premier film de Pierre Duculot. “C’est la première fois que j’ai la chance de tourner un film qui mêle aussi étroitement mes deux patries. La logique voudrait en fait qu’on dise que je suis Belgo-Corse, car je suis plus Belge que Corse. Mais je bénéficie d’un mix très intéressant : l’absurdité et la poésie belge mêlées aux côtés accueillant et sincère du Corse.”
Coup de vieux bienvenu ?
Né à Ixelles, ce comédien formé entre autres à l’école du cirque et fils d’un prof à l’Ecole d’infirmières de l’ULB doit sa destinée belge à un arrière-grand-père venu chez nous il y a un siècle pour fabriquer des fruits confits. “Quand j’ai lu le scénario de ce film, je me suis dit qu’il ne pouvait pas se faire sans moi. Pourquoi ? Parce que, pour une fois, on fuyait tous les clichés habituels. Non, en Corse, on ne fait pas que du jet ski l’été, sur des plages dorées. Cette région magique, c’est aussi la montagne et des habitants qui peuvent tout vous donner à partir du moment où vous vous intéressez à eux. La vision du film est tellement juste que j’ai m ême été étonné des origines du réalisateur !” Dans “Au cul du loup”, François Vincentelli, la barbe grisonnante, prend un petit coup de vieux. De quoi sans doute satisfaire un acteur qui, à ses débuts en France, était régulièrement recalé dans les castings pour son physique proche du mannequinat. “J’ai dû aussi refuser beaucoup de rôles à cause de ça, parce qu’on voulait juste voir ma gueule. Or moi, au cinéma, il n’y a que le côté artistique qui m’intéresse.” Pas forcément agréable pour quelqu’un qui vénérait ces grands acteurs bourrus au cœur tendre, type Lino Ventura ou Gérard Lanvin. “Mais là, vu qu’apparemment je commence à paraître moins lisse, on commence à me proposer des choses plus intéressantes. C’est vrai qu’après tout, des gens comme Jean-Pierre Marielle ou François Berléand ont eu leurs rôles les plus intéressants sur le tard. Alors, pourquoi pas!”

 

AU CUL DU LOUP SORT LE 25 JANVIER
Après “Dormir au chaud” (2006) et “Dernier voyage” (2007), deux courts métrages, les cinéphiles attendaient avec impatience le premier long métrage de Pierre Duculot. Entre paysages sombres de Charleroi et ceux envoûtants de la montagne Corse, le film évoque le destin de Christina, une jeune femme qui hérite d’une maison en Corse à la suite du décès de sa grand-mère. Elle voit en cette bâtisse la possibilité de vivre une autre vie, au grand dam de tous ses proches. Un pari improbable, une intrigue d’apparence simple et des silences bien dosés, le film suggère en filigrane une quête initiatique nous interrogeant sur la question du bonheur. Sincère et cohérent, le film vaut aussi pour l’atypisme de son casting, où Christelle Cornil (Magritte du meilleur second rôle pour “Illégal”) jouit d’un premier rôle d’envergure, face à Vincentelli donc, mais aussi face à Jean-Jacques Rausin – un Bruxellois qui monte -, Marie Kremer, Roberto d’Orazio et William Dunker. Sortie en Belgique et à Bruxelles (Vendôme) ce mercredi 25 janvier. www.auculduloup.be



D.H.

CV Express
1971.
Il naît le 3 juillet à Bruxelles, date de la mort de Jim Morrison.
1992.
Joue dans “Maigret chez les Flamands”.
1996.
Part s’installer à Paris.
2003.
Joue dans “Frank Riva”, aux côtés d’Alain Delon.
2005.
Premier grand rôle dans “Bunker Paradise”, de Stefan Liberski.
2008.
Il reprend le rôle de Thierry Neuvic dans la saison 2 de “Clara Sheller”
2011/12.
Au théâtre dans “Quadrille”, avec François Berléand. A la télé dans la série “Hard”. Au cinéma dans “Au cul du loup” et “Un bonheur n’arrive jamais seul”.
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