logo tbx La Tribune de Bruxelles

VERY IMPORTANT BRUSSELEIR


Bouli Lanners

Bouli Lanners

Tout le monde se bat pour Bouli Lanners

Après des débuts laborieux dans l’ombre, l’acteur et réalisateur belge est réclamé partout. Retour sur un parcours méritoire.


L’époque des Snuls et des courts métrages est désormais révolue. Révolue la télévision où, pendant une dizaine d’années, il a écumé les plateaux de séries et de téléfilms où il fut successivement fonctionnaire, dealer, chauffeur de bus, gardien, routier et ministre. “J’ai fait une belle série de navets, mais je ne regrette rien du tout !”

Depuis 1999 et “Les convoyeurs attendent”, le nounours du cinéma belge, peintre à ses heures perdues, est devenu un acteur coté et demandé.
Dans des films intimistes, mais aussi des productions françaises de gros calibre (“Un long dimanche de fiançailles”, “J’aurais voulu être un gangster”, “Astérix et les Jeux olympiques”), Bouli est partout et nul ne s’en plaindra. Ni les Pic Pic André qui, pour “Panique au village”, lui ont demandé de faire la voix de Simon, du facteur et même des… vaches, ni Dany Boon, qui l’emploie actuellement chez nous, dans “Rien à Déclarer” .


Et les W.C., alors ?


“J’ai parfois le sentiment que j’ai pris ma pension à 20 ans et que je commence seulement à bosser !” dit-il. “Et comme je ne suis pas quelqu’un de spécialement talentueux, le temps compte double.” Dire que Bouli sera encore à l’affiche de trois films au printemps ! Second rôle très sollicité, il n’en oublie pas pour autant sa carrière de réalisateur, brillamment débutée par deux longs métrages (“Ultranova” et “Eldorado”) qui ont marqué les esprits, tant des critiques que des spectateurs. “

Fin avril, Dany Boon me libérera de son film et je terminerai alors la préparation de mon troisième (“Les Géants”), qui se tournera cet été. C’est une sorte de voyage initiatique. C’est en fait l’histoire de trois gamins, deux frères et un pote qui, livrés à eux-mêmes, décident de s’assumer.”
Pour saisir ce qui le fait galoper comme ça, ce fils d’un douanier et d’une ménagère ne cache pas que gamin, il n’avait rien contre la reconnaissance et la gloire. “Je rêvais qu’on me reconnaisse en rue. Je suis né dans un petit village près de La Calamine. Soit la minorité francophone de la minorité germanophone. En somme, une vraie minorité à moi tout seul. Dans ce bled profond, si on disait qu’on voulait devenir acteur, c’était comme si on disait cosmonaute !”

Si sa notoriété croît chaque année un peu plus, l’acteur-réalisateur, qui vit sur une péniche, n’a aucune envie de s’exporter. “Si c’était le cas, j’habiterais au moins Paris. Et puis, on peut rester en Belgique et faire des films universels !” Quant à l’absence de star-system côté francophone, il le regrette : “ Il n’y pas de W.C., de Wallons Connus. Nous restons toujours dans une position d’infériorité et de souffrance, mais je crois en une évolution lente mais progressive des mentalités. Moi, je commence à être un peu connu, mais je suis loin de Poelvoorde, qui est l’un des seuls W.C."
Mais si notre humble homme continue comme ça, il pourrait bien le rejoindre, qui sait...

 


Bouli Lanners est Yvan dans “Eldorado”, son deuxième film, un road-movie où la terre et le paysage belges sont filmés comme jamais. Un succès. (DR)

en bref

Une sortie :
“Blanc comme neige”
Tourné en partie à Bruxelles – pendant le Salon de l’auto 2009 – par Christophe Blanc, le film évoque le destin de Maxime (François Cluzet), riche gérant
de voitures haut de gamme, marié à une séduisante jeune femme (Louise Bourgoin). Tout bascule le jour où Simon (Bouli Lanners), son associé, est assassiné par une bande de malfrats.
Un thriller palpitant, destiné à tous les publics, dans lequel
on retrouve également Olivier Gourmet et Jonathan Zaccaï.
Sortie le 17 mars.
Un tournage : “Rien à déclarer”
L’année vient à peine de commencer que Bouli vient de tourner deux fois avec son ami Benoît Poelvoorde. D’abord dans “Dignitas”, un premier film expérimental d’Olias Barco, mais ensuite et surtout, pendant trois mois, dans “Rien à déclarer”, le nouveau Dany Boon. Où la boucle est bouclée, puisqu’il incarne un douanier belge, comme l’était son père. “Mon papa travaillait au poste de Tulje, à la frontière belgo-allemande. Avec la suppression des frontières, toute la vie sociale a disparu et c’est devenu un très
laid no man’s land de béton. Mais j’ai bien fait de garder son costume, puisqu’il a servi de base à la création de ceux des douaniers belges du film !”



David Hainaut

cv express
1965. Naissance le 20 mai à Moresnet-Chapelle.
1984-86. Formation en peinture à l’Académie des beaux-arts.
1989. Début d’acteur avec les “Snuls”, après avoir été leur décorateur. Pendant cette période, il vit de petits métiers, comme... cuistot du groupe Aerosmith !
1998. Décès de son père le 24 octobre. “Ce jour-là, je suis devenu adulte.”
1999. “Travellinckx”, son premier court, se fait remarquer dans les Festivals. Son deuxième, “Muno”, en fera autant en 2001.
2010. Rôles dans "Blanc comme neige" (sortie le 17 mars), "Mammuth", du tandem Kervern-Delépine (avril), "Chicas", de Yasmina Reza (mai) et de "Sans queue ni tête" (fin de l’année).
« Homepage | Tous les VIB's