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Anny Cordy

Anny Cordy

Anny Cordy, toujours spittante

La formidable et pleine de pêche Annie Cordy sera sur les planches du Centre culturel d’Auderghem pour "Laissez-moi sortir", les 27 et 28 mars prochains.


Le sourire aux lèvres et une énergie débordante. De grands gestes et l’éclat de rire facile. Un petit bout de femme de plus de 80 ans qui vous surprend encore. Et surtout une vie bien remplie à partager. Annie Cordy est incroyable et est toujours là sur scène. La retraite, elle n’en veut pas. Et tant mieux pour nous ! Elle sera sur les planches du Centre culturel d’Auderghem pour “Laissez-moi sortir” les 27 et 28 mars prochains.

Ça ne vous ennuie pas qu’après 60 ans de carrière, on vous parle encore de Tata Yoyo ?
Ça ne me gêne pas du tout. Sinon, il fallait que je change de métier ! Je reçois beaucoup de mails de parents qui écrivent pour raconter que leurs enfants chantent “Tata Yoyo”. Quand je rencontre des jeunes enfants de 5 ou 6 ans, ils me chantent “Tata Yoyo” ou “Cho Ka Ka O”. Quand je leur dis qu’ils ne devraient pas connaître ces chansons-là, ils me répondent “Mais c’est ma Tatie qui m’a appris”. C’est vraiment mignon. J’en suis déjà à ma quatrième génération ! C’est pas moi qui reste, c’est la chanson.

D’où vous vient cette constante bonne humeur ?
J’aurais mauvaise grâce à pleurer, j’ai un métier que j’adore dans lequel je m’épanouis. J’ai pu faire plein de choses dans ce boulot. Avant le music-hall, j’ai fait de la danse. Ça m’a appris la rigueur. C’est important d’avoir ça. On sait ce que ça veut dire, travailler. Dans ce métier, on s’améliore tous les jours. J’ai appris ça avec Charles Aznavour. Quand il écrit, il cherche le mot exact, celui qu’il faut. Il y a quatre ou cinq mots qui veulent dire la même chose, mais il prend celui qui colle parfaitement.

Vous pensez prendre un jour votre retraite ?
Enlevez ce mot du dictionnaire ! Je suis une enfant de la guerre, la retraite, à l’époque, ça voulait dire défaite. Prendre sa retraite, ça veut dire s’enquiquiner comme c’est pas possible. Quand je m’arrêterai de travailler, c’est parce qu’il y aura un problème. Et j’espère que je serai encore en assez en bonne santé pour utiliser mes mains et jouer du piano, peindre ou bricoler. Je ne crois pas qu’il y ait une vie après la vie. Mais s’il y en a une, je serai une grande pianiste.

De retour au théâtre seule sur scène…
C’est une pièce de théâtre où je suis seule sur scène pendant 1h20, mais j’ai une partenaire au début et à la fin de la pièce. Dans cette pièce, je joue Joss de Gerande qui doit aller faire une émission de télévision. J’ai du sonner à toutes les portes pour avoir enfin mon jubilé. L’après-midi de cette émission, je suis assise sur ma terrasse, je fais mes ongles et me réjouis d’être au soir, d’avoir cette émission en prime-time... La seule chose qui est difficile, c’est d’être seule sur scène aussi longtemps. Quand on a un partenaire, il n’y a pas de problème, il peut encore te relancer. Ici, on ne peut se raccrocher à rien. Je n’ai pas de partenaire, je suis seule avec mon texte.

Décrivez-moi Joss de Gerande ?
C’est une comédienne qui a fait pas mal de choses, tellement de choses qu’elle n’a pas vu passer le temps. Elle a eu une quantité de rôles, où elle a été reine d’Espagne, grande bourgeoise, présidente. Il n’y a pas beaucoup de femmes qui ont eu un CV comme ça. Et ce personnage, qui a travaillé toute sa vie durant, reçoit de moins en moins de scénarios. C’est pour ça qu’elle veut cette émission en prime-time. Elle l’a, et le soir où elle l’a, elle ne pourra pas y aller, elle sera coincée sur sa terrasse toute la nuit. Et quand on reste seul, il y a des choses qui nous reviennent en mémoire…

Que fait-elle pendant toute une nuit enfermée sur sa terrasse ?
Il lui revient des choses de la vie, de son enfance. Elle pense à toutes sortes de choses auxquels, j’imagine, les gens qui se retrouvent seuls doivent penser. Dans le scénario, je dis : “C’est drôle, il suffit d’être un moment seul pour faire le tour de sa vie.” C’est fou ce qu’on a comme souvenirs dans nos disques durs. On archive, on archive, sans vider la corbeille. Et si tu t’arrêtes un moment, c’est comme un retour rapide, tout se remet à défiler.

C’est important pour vous d’être sur les planches ?
Je n’arrête jamais ! Je suis toujours sur scène, en fait, que ça soit au théâtre ou dans le music-hall. Je n’ai pas fait beaucoup de cinéma, car je n’en ai jamais eu le temps. Je passais de l’opérette au tour de chant, du tour de chant à la télévision, ensuite je repassais au tour de chant pour continuer dans une comédie musicale et je refaisais un peu de télévision. Et c’était reparti comme ça.

Vous ne partez jamais en vacances ?
Non, ça ne me plaît pas tellement ! Ça ne me manque pas. J’aime bien aller en Bretagne cinq jours. Mais me dire d’aller faire des kilomètres pour trouver une plage de sable avec des palmiers tout raides, le même restaurant, la même piscine, non merci ! Je préfère aller dans les Ardennes belges. Je ne reviens pas assez souvent en Belgique, hélas, sauf pour travailler !

Est-ce qu’un jour vous envisageriez de revenir à la chanson ?
Oui ! Au mois de septembre, on va sortir un coffret best of et, parallèlement à cela, je sortirai un album avec de nouvelles chansons. Ce sera la cerise sur le gâteau. C’est un ami à moi qui a écrit les morceaux, mais je ne dirai pas qui c’est, c’est la surprise…

Vous sentez-vous concernée par les problèmes communautaires belges?
Je suis une utopiste, j’ai toujours l’impression que ça va s’arranger. On est un si joli et si petit pays. Mais pourquoi la Flandre, le Brabant, la Wallonie ? Quand j’étais plus jeune, c’était moins violent que maintenant. Mais politiquement, je ne m’engagerai pas, ou alors je ferai de la politique mais je ne serai pas très tendre.

Vous vous sentez plus à l’aise dans quels rôles ? Dramatiques ou comiques ?
J’aime quand je peux passer de l’un à l’autre, ce qui est bien souvent le cas au théâtre. Même si dans l’ensemble de ma carrière, je suis plutôt rigolote. Au cinéma, j’ai eu quelques rôles plus tragiques, comme “Rue Haute”, mais sur scène c’est différent. Le public vient voir Annie Cordy et veut rire.



Maïlys Charlier

Née le 16 juin 1928 à Laeken, Léonie Cooreman aime raconter qu’elle est voisine avec le roi de Belgique,
Albert Ier à l’époque. Mais c’est Albert le second qui la fera baronne en 2004. La petite Léonie commence la danse,
le piano et le solfège dès l’âge de huit ans.

En 1950, elle est remarquée par le directeur artistique du Lido, qui l’engage comme meneuse de revue le 1er mai 1950.
La jeune Bruxelloise quitte à regret sa ville natale pour la capitale française. Deux ans plus tard, Annie Cordy commencera à naître en jouant aux côtés de Bourvil, Sacha Guitry et Henri Salvador. Une vingtaine d’années plus tard, elle signera sous ce pseudonyme les titres à succès “La Bonne du curé”, “ Tata Yoyo” ou encore “Cho Ka Ka O”.
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