|
Alexandra Vandernoot, toujours surprenante
Récente héroïne de “A tort ou à raison”, la série belge lancée par la RTBF et France 3, l’actrice bruxelloise nous a raconté un petit bout de vie sur le tournage d’une fiction policière… qu’elle-même produit !
Qu’elle soit pour certains encore la belle Tessa de la série “Highlander”, pour d’autres la femme de Thierry Lhermitte dans “Le Dîner de cons” ou, pour les plus anciens, la fille d’un célèbre chef d’orchestre, Alexandra Vandernoot n’a jamais laissé personne indifférent. Belle, grande, classieuse et même volubile, on sent chez cette actrice charismatique l’immense passion qu’elle voue à son métier. Elle qui, a six ans déjà, déclarait “je veux être une actrice”. Comment pouvait-il en être autrement dans une famille d’artistes, puisqu’outre son père André, sa mère, Duska Sifnios, d’origine slave, était, ni plus ni moins, l’une des étoiles du Ballet du XXe siècle de Maurice Béjart ?
Romy, son modèle
Alexandra naquit à Uccle, vécut quatre années à Boitsfort et suivit ses parents à Waterloo. Très jeune, elle découvre alors Romy Schneider. “Un cri du cœur. Elle m’a confortée dans l’idée de devenir comédienne. Elle était à la fois magnifique, vulnérable, paumée, défaite, timide… Elle était tout, quoi. La femme, la comédienne. C’est la seule, vraiment, non pas qui m’inspire, mais si je devais en citer une… Ce serait elle.” Malgré cette envie précoce, Alexandra Vandernoot devra pourtant patienter avant d’émerger. Dès le Conservatoire de Bruxelles, son professeur André Debaar la prévient : “Tout ira bien pour vous, mais après l’âge de trente ans.” “J’ai eu l’impression qu’on m’arrachait le cœur”, se souvient-elle aujourd’hui. Un stage chez Benoît Lamy et un film d’André Delvaux plus tard, l’actrice tente très rapidement sa chance à Paris, habitant une chambre de bonne de dix-huit mètres carrés. “Des petits stages, des petits boulots non rémunérés. Mais mon avantage était d’être belge et de ne pas me prendre la tête. Ceci dit, j’ai vite déchanté. Quand je passais des castings, vu ma taille (1,78 m), on me demandait si j’étais mannequin. Vexant. Je suis restée deux ans sans travailler.” C’est finalement au Canada qu’elle décrocha la timbale, avec la série culte “Highlander”. “Au bout de six saisons, j’avais fait le tour du personnage. J’ai demandé aux scénaristes qu’on le tue. Si j’avais continué, j’aurais peut-être été milliardaire (rires) !”
Veber, Altman, Joassin…
Reconnue outre-Atlantique, Alexandra Vandernoot, comparée dès son retour à Sharon Stone et à Michelle Pfeiffer, n’avait plus que l’embarras du choix. Enfin ! “Dix scénarios par mois, des couvertures de magazine à la pelle.” Et bien avant “Le Dîner de Cons”, un premier appel de l’éminent Francis Veber pour “Le Jaguar”. Un réalisateur pour qui elle tournera plus tard “Le Placard”. On épinglera au passage un rôle dans l’énigmatique “Prêt-à-porter” de Robert Altman. La suite ? Du cinéma souvent (“Gangsters”, “Hop”, “Sans rancune !”...), de la télé surtout, les chaînes françaises se l’arrachant littéralement (“Le Bleu de l’Océan”, “La Battante”, “Carla Rubens”, “Camping Paradis”…), jusqu’à ce fameux et récent retour dans la série judiciaire “A tort ou à raison” de Pierre Joassin. “C’est un projet belge, donc celui-là, j’espère qu’il durera. Le pilote a bien marché en France, on devrait tourner la suite. La RTBF nous a promis au moins quatre épisodes. Je rempilerai évidemment, mais seulement avec les mêmes !” En attendant, l’actrice tourne (voir encadré) et réfléchit à un retour sur les planches. “Mais je n’ai pas un besoin viscéral d’applaudissements. Tourner me remplit tellement de bonheur que je n’ai qu’un seul hobby, veiller à ma famille !” Une actrice heureuse, on vous dit.
Actrice mais aussi productrice Critiquée ces derniers temps pour son manque d’imagination, la fiction française a besoin d’un souffle neuf. En compagnie de son réalisateur de mari (Bernard Uzan, signataire de nombreux “Julie Lescaut”), l’actrice vient de boucler le tournage et la production de “Une cible dans le dos”. Le pitch est aussi original que loufoque : incapable de suicider, un homme dépressif (Bernard Le Coq) engage un tueur. Problème : alors que le contrat est signé, il rencontre l’amour de sa vie ! Il s’agit de l’adaptation d’un polar d’André Caroff, auteur emblématique des Editions Fleuve Noir. Après “Carla Rubens”, une série que TF1 n’a pas souhaité poursuivre en 2007, c’est la deuxième production du couple Uzan/Vandernoot. Diffusion sur France 3 dans quelques mois.
Son lieu préféré à Bruxelles ? “Le bois de la Cambre, où j’ai appris à faire du vélo, et mes enfants aussi. Les bouleaux de l’avenue Louise, la place Stéphanie, la libraire Borman, le magasin de jouets Serneels. J’ai habité vingt ans à Waterloo, et j’ai des amis qui y vivent toujours. Je suis restée très proche de mes racines.”
David Hainaut
|
1965: Alexandra Vandernoot naît le 19 septembre à Uccle.
1985: L’année de son Premier prix au Conservatoire de Bruxelles, elle débute dans un téléfilm de Benoît Lamy, “Ceci n’est pas Bruxelles”, et au cinéma dans “Babel Opéra” d’André Delvaux.
1992: Fait ses débuts dans “Highlander”, série dans laquelle elle restera jusqu’en 1998.
1998: “Le Dîner de cons”, alors deuxième film le plus vu en France (9 millions de spectateurs).
2001: “Le Placard”, alors cinquième film le plus vu en France (5 millions).
2004: “La Battante”, carton télévisé cette année-là (10 millions).
2009: Rôle de Florence Scola dans “A tort ou à raison”, la série judiciaire belge (3 millions). |