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Chou

Cuisine : gastronomique
Un nouveau chef vient de débarquer place de Londres. Chou le fait savoir haut et fort. Une erreur stratégique.

Chou est un petit restaurant charmant de la place de Londres. Le soir, l’adresse plante une atmosphère intime doublée d’un joli décor qui invite à se susurrer à l’oreille. Disons-le franchement, on ne va pas en dire que du bien… N’empêche, cela reste une très bonne adresse bruxelloise dans laquelle il fera bon fêter la Saint-Valentin. Explications quant à ce paradoxe : pour en avoir déjà tous fait l’expérience, on sait qu’il est déplaisant de se faire chaudement recommander un film avant d’y aller. Il n’y a pas mieux pour être déçu. On s’attend à la révélation et, en général, on ressort bof. C’est précisément ce qui nous est arrivé avec Chou. On nous promettait une “adresse qui allait se propulser dans les étoiles”… Rien de pire pour être sûr que l’esprit critique sera sur le qui-vive, traquant l’assiette jusque dans son moindre recoin.

Déroulé

C’est dans la brume et le froid que l’on pousse la porte de Chou. L’adresse est signée Dominique Aubry, figure réputée de la restauration bruxelloise. L’homme non pas à tête de chou mais à la carrure de rugbyman accueille le visiteur avec un sourire franc. On sent chez lui un vrai plaisir à faire ce métier. Peut-être est-il encore plus souriant que d’habitude depuis qu’il est repassé en salle et qu’il se repose sur son nouveau chef Benjamin Laborie, talent passé chez Michel Bras à Laguiole ?
Il tend la carte. Le choix est vite fait, si l’on ne veut pas exploser son budget, une évidence s’impose : le menu 4 services à 65 euros, vins compris. On commence avec un carpaccio de gambas sur sa brunoise, vinaigrette aux agrumes, accompagné d’un verre de Rully 2006 du Domaine Moret-Nominé. Un plat frais – excellente brunoise – et correct, mais un peu trop genre à notre goût : à quoi servent les triangles de gelée ? C’est néanmoins l’occasion de mentionner le grand atout du repas, à savoir les accords mets-vins absolument irréprochables. Ensuite, bar rôti, consommé d’herbes, tartare d’huître “Muirgen” servi avec un Reuilly 2008 de chez Claude Lafond. Là, c’est la cata : bar trop cuit, aneth dispensable, mais surtout une inacceptable poignée de sable dans les épinards. D’accord, le dossier de presse dit que “Benjamin met en œuvre les produits dans le plus strict respect de leur nature”, mais quand même, de là à ramener la terre…
Là-dessus, heureusement, la côte de veau de lait, oignon doux confit en croûte d’olives, soulignée par un magnifique Saint-Romain 2002 du Domaine Ambroise, vient passer l’éponge. La compotée d’oignons est délicieuse, il y a juste la roquette qu’on ne comprend pas trop.
On finit la soirée avec un dessert composé : bavarois sur lit de spéculoos, poire badiane et crumble au poivre de Sichuan, ganache au chocolat. Pas mal, surtout la ganache, qui est divine.
Une chose est sûre, Chou l’aurait joué low profile, on aurait été ravi, sauf pour les épinards. Alors que là, on est juste bof…

Ouvert du lundi au vendredi de 12h à 14h30 et de 19h à 22h.

Wasabi
Chou (***)
Place de Londres, 4
1050 Ixelles
02/511 92 38