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Le Pigeon Noir
Cuisine :
Le Pigeon Noir est incontestablement l’adresse qui monte pour le moment. Vite avant qu’une étoile ne vienne gâcher tout ça…
Il n’y a pas que les sportifs et les artistes : les restaurants connaissent aussi leurs moments de grâce. Cette apothéose correspond en général à l’instant fragile où tout le monde dit du bien d’une adresse. Comme on est en Belgique, cela coïncide aussi avec la période où une adresse fait figure de bon plan sans qu’elle soit trop largement diffusée. C’est comme ça, dans un petit pays, il ne suffit pas de bien manger, il faut encore que nos voisins directs ne jouissent pas des mêmes privilèges. Bref, en ce moment, une symphonie d’éloges entoure le Pigeon Noir. Pas la moindre fausse note. En général, le commentaire est livré avec le petit plus de l’initié : il est chaudement recommandé d’y aller les mardis et les jeudis, jours où Attilio Basso – l’ancien chef de l’Ecailler du Palais royal – passe derrière les fourneaux. Il se murmure également que l’endroit prend tout son sens quand Henri De Mol, le patron, y tient salon.
Kif grave !
Pour ne rien faire comme les autres, on s’y est rendu un lundi, jour où précisément aucun des deux protagonistes de l’adresse n’y était. Qu’a-t-on goûté, et vu ? D’abord, le cadre d’un ancien bistro, chaud et agréable. Ensuite, un public comme – c’est tout personnel – on ne les aime pas trop. Soit des épicuriens old school accrochés à leurs certitudes, qu’elles soient gastronomiques ou morales. Le genre de barbons élevés à la crème et au beurre qui n’ont pas d’autre horizon viticole que le Bordelais. Ce petit compte réglé, force est de dire que ce Pigeon Noir, on l’a kiffé grave, du début à la fin. C’est-à-dire depuis l’amuse-bouche de viande des Grisons à l’assiette de fromage (8 euros) – à ce titre, mieux vaut commander le “chariot” de fromages que “l’assiette”. Pour l’avoir entendu, on sait que la stratégie du patron consiste à servir les meilleurs produits possibles. On confirme plutôt deux fois qu’une, entre une cervelle de veau sauce tartare (15 euros) moelleuse à souhait et une selle d’agneau rôtie aux épices (24 euros) imparable. Bonheur, la carte des vins, elle aussi, a été signée par un esprit éclairé, entre un Morgon de chez Foillard et un Crozes du Domaine Hauts Chassis (32 euros).
Le tableau ne serait pas complet si l’on n’évoquait une équipe remarquable, de la salle à la cuisine, qui prouve que le patron peut déléguer sans la moindre inquiétude.
Charmant jusqu’au bout
Un régal que n’assombrit qu’une perspective qui semble fatale : l’étoile maudite made in Michelin. On ne sait trop pourquoi, mais on la flaire à plein nez. Cadeau empoisonné et courbe de Gauss, il ne s’agirait pas de perdre le charme de l’endroit. Combien d’amateurs ont déserté la brasserie de la Paix pour la même raison ? On en connaît plus d’un…
Ouvert de 12h à 14h30 et de 19h à 22h30, fermé le samedi et le dimanche.
WASABI
Le Pigeon Noir (****)
Geleytsbeek, 2
1180 Uccle
02/375 23 74
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