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Le Chalet Robinson

Cuisine :
Evénement en plein dans le 1000, le Chalet Robinson renaît de ses cendres. Est-il pour autant le phénix des hôtes du bois de la Cambre?

Comme il est bon de broyer par les mots une adresse qui vient de voir le jour ! Avec le sadisme d’un enfant qui met du sel sur une limace, il est délectable de traîner dans la boue un nouveau venu de la scène de la restauration. Un vrai bonheur que de se sentir au centre du monde, nombril de toutes les attentions, et d’imaginer le ballet des serveurs ne s’agiter que pour soi. Puis, comme un gosse gâté, salir tout ça.
Pas de chance, c’est tout ce que l’on ne fera pas dans cette chronique ! Pourtant, Dieu sait si l’on a entendu du mal de ce nouveau Chalet Robinson. A tel point que ce n’est pas sans crainte qu’on lui a confié les 14 ans du petit. Avec sa fière allure et son cadre enchanteur, on a fait le pari que l’endroit irait comme un gant à cette belle occasion – et dans le même temps, qu’un dîner à quatre serait parfait pour un test élargi de la carte. Bingo !

On s’y sent bien…

Arriver entre chien et loup est un bon plan pour découvrir le Chalet Robinson. Ses lumières se reflètent sur l’eau et confèrent un halo de poésie au bois de la Cambre. On traverse en bac. Ça le fait, même si c’est 1€ par personne. On dira que c’est le prix à payer pour l’instant de magie qui consiste à oublier le présent pour être propulsé dans une atmosphère de gargote 1900.
Quelques pas sur l’île et l’on pousse la porte de cet impressionnant géant de bois. Le clash temporel est immédiat. Retour en flèche dans le présent le plus contemporain, avec des lignes de néo-brasserie qui jouent la carte du noir et blanc. Bar central orné de globes argentés seventies, sol brut de déco et chaises en cuir, l’aménagement de l’espace épouse le goût du jour. On s’y sent bien.
Côté food, en entrée, on teste en vrac les croquettes aux crevettes (15€), dont le persil est frit comme il faut, le Saint-Marcellin et ses croûtons (13€), mais surtout l’os à moelle en légère persillade (11€). Rien à reprocher. En plat, les enfants y vont d’un hamburger à 10€ qui se distingue par d’excellentes frites… approuvées par des connaisseurs !

Service top !

Comme tout se passait bien, on est allé voir du côté des plats moins chers, histoire de chercher la petite bête. Total respect pour les raviolis au beurre de sauge (17€) accompagnés d’excellents pignons et de tomates crues et confites. En bonus, des desserts sans faille, dont une très régressive dame blanche au coulis de Chokotoff (8€). Note globale : 157€… Mais on n’a pas fait gaffe, c’était la fête. Rien à redire ? Perso, on trouve la carte des vins plan-plan – elle respire le goût de l’argent – même si on ne peut rien reprocher au verre de Cap Royal (5€), un bordeaux supérieur que l’on a testé. Une bévue, quand même : l’écran de télé qui taquine le coin de l’œil depuis le petit salon à droite.
Pitié, turn off ! Mais on finira par une note positive : la totale efficacité et gentillesse du service. Merci, grâce à vous – et au chef –, on n’oubliera pas de si vite ce sweet 14 !

Cuisine ouverte tous les jours de 12h à 14h30 et de 19h à 23h.

Wasabi
Le Chalet Robinson (***)
Sentier de l'Embarcadère, 1
1000 Bruxelles
02/372 92 92