Que faites-vous dans ce pays ?
Après avoir fait de nombreuses démarches pour trouver du boulot, je travaille actuellement à l'ambassade de Belgique. Je fais partie de l'équipe consulaire et m'occupe des matières d'état civil, notariat, délivrance d'attestations, nouvelles inscriptions des Belges. Je vais également visiter les Belges détenus en prison en Thaïlande. Bien que le travail soit au départ administratif, c'est intéressant et très varié. Je découvre la manière dont fonctionne une ambassade, et le rôle important qu'elle joue auprès de ses ressortissants, tant sur le plan administratif que sur le plan humain et social.
Pourquoi êtes-vous partie ?
Mon mari, Loïc, a eu l'opportunité de partir à l'étranger pour sa société. Cette perspective nous a de suite emballés même si cela représente un changement de vie.
Quelles y sont vos autres activités ?
On bouge beaucoup le week-end, avec des amis ou à deux. Beaucoup d'endroits très beaux et souvent ignorés des circuits touristiques classiques sont accessibles en voiture et ne sont pas trop loin de Bangkok. Les vols intérieurs sont également bon marché. Pour ce qui est des activités sportives, je joue beaucoup au tennis, et vais nager presque tous les jours, puisque le climat le permet. J'ai également des activités plus locales, comme des cours de yoga, de massage ou encore de cuisine thaï.
Y a-t-il beaucoup d'autres expats ?
Nous avons rencontré quelques Belges, qui sont pour la plupart des collègues de Loïc ou des gens rencontrés via l'ambassade. Nous rencontrons d'avantage d'expats. Ils travaillent dans des sociétés internationales basées à Bangkok. Les gens sont ouverts et les contacts se font très facilement, ce qui nous a permis de reconstruire une vie sociale rapidement. L'intégration avec les Thaïs est plus lente et différente, mais tout aussi enrichissante.
Quelles sont les activités qu'on ne trouve pas en Belgique que vous faites ?
On voyage beaucoup, aussi bien en Thaïlande que dans les pays limitrophes, parce que le coût de la vie le permet. Nous faisons également des activités très populaires ici, telles que des séances de massage, des soirées karaoké ou de la plongée sous-marine.
Qu'est-ce qui vous manque le plus de Bruxelles ?
Son atmosphère, les terrasses en été, les ballades dans la Forêt de Soignes, la Roller Parade, les gaufres, l'air pur qu'on y respire, les hivers enneigés et le sapin de Noël sur la Grand-Place, le chocolat...
Qu'est-ce qui vous a frappé ici ?
La chaleur accablante, la gentillesse des gens, le monde. Bangkok me donne l'impression d'une fourmilière géante, avec ses inconvénients comme la pollution, les incessants embouteillages et le bruit. J'apprécie beaucoup Bangkok qui reste, malgré sa taille, une ville chaleureuse offrant de nombreuses possibilités de sorties et d'activités, excepté sur le plan culturel.
Une petite anecdote sur le pays ?
En voici une qui concerne la main d'oeuvre thaïe, très bon marché. Beaucoup de tâches qui sont automatisées chez nous restent manuelles en Thaïlande et beaucoup de métiers disparus subsistent ici. Ainsi, il n'y a pas (ou peu) de portails automatiques, mais des gardes vérifiant les badges d'accès. Un jour, j'étais coincée dans un de ces embouteillages qui sont légion ici. Nous étions bloqués par un feu qui me paraissait tout à fait inconstant. Tantôt vert pendant 30 secondes et rouge pendant cinq minutes, tantôt juste le contraire. Je fais remarquer la chose au Thaï qui est avec moi, et il me répond : "Bah, c'est que le type qui appuie sur le bouton est un peu distrait".
Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles?
Oui, parce que la Belgique me manque, tout comme ma famille et mes amis, même si nous avons beaucoup de visites. Vivre à l'étranger est une expérience fantastique, mais il y a aussi un risque de perdre ses repères.
LAURE D'OULTREMONT