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Photos Avant-après



A l’angle de la rue Neuve, l’une des rues commerçantes les plus fréquentées de Belgique et de la rue de la blanchisserie, un grand complexe commercial est en phase d’achèvement au cœur de la capitale.

Saviez-vous que ce magnifique bâtiment situé sur le boulevard Emile Jacqmain, à deux pas de la Tribune de Bruxelles, était un haut lieu de culture ? C’était le théâtre de l’Alhambra embelli par quatre statues de l’artiste français Auguste Rodin dont l’influence profonde sur la sculpture du XXe siècle est incontestable. Cette salle mythique a accueilli notamment Charles Trenet qui y a chanté “Boum”, “Y a d’la joie” et autres grands classiques. Le théâtre fut malheureusement détruit dans les années soixante. C’est un peu plus loin que le Théâtre National, après avoir quitté la place Rogier, a élu domicile. (Photos DR/Bénédicte Maindiaux)

Comme nombre de gratte-ciel bruxellois, la tour Madou (33 étages dont le dernier atteint 110 mètres de hauteur) a été construite en 1963 en bordure de la petite ceinture à hauteur de la chaussée de Louvain, sur la petite commune de Saint-Josse-ten-Noode. En 2002, un projet de rénovationreconstruction est confié par le propriétaire IVG aux bureaux d’architecture Assar et Archi 2000. Quelque 8000 mètres carrés de surface ont été ajoutés, agrémentés d’un atrium de 12 étages. La tour a été “déshabillée”, épaissie et revêtue de verre. Ce projet de rénovation de la Tour Madou appelée Madou Plaza, a été sélectionné pour les Mipim Awards 2006 de Cannes (du 14 au 17 mars) qui récompensent les réalisations immobilières les plus remarquables achevées entre les mois de mars 2005 et mars 2006.

Au début des années septante, le site de l’abbaye de la Cambre a quelque peu changé de physionomie… ou plutôt d’arrière-plan. En 1973, la fameuse tour ITT est construite sur l’avenue Louise et, de ses 100 m de hauteur, elle culmine sur l’abbaye de la Cambre et lui offre une bien noire perspective ! Voulue par Paul Van den Boeynants, à l’origine elle devait être translucide… Un site perdu pour tous les Bruxellois au profit d’une seule société. Depuis longtemps, la tour a été abandonnée par ITT mais elle en a conservé quand même le nom.

A la fin des années ’50, le quartier de la Putterie non loin de la Grand-Place de Bruxelles est en pleine métamorphose. A gauche, l’église de la Madeleine s’apprête à subir une cure de jouvence alors que le quartier environnant était totalement rasé. Il s’agit d’une des plus anciennes églises de la Ville. Elle a été fondée par les Frères de la Miséricorde au milieu du XIIIe siècle. L’église a failli être rasée lors des grands travaux d’urbanisme entrepris à partir du début du 20ème siècle. Lors de la restauration, des fouilles ont permis de découvrir des murs de soubassements témoignant de l’existence d’un sanctuaire plus ancien encore, édifié, peut-être, par les Templiers. A droite, la Gare centrale à côté de laquelle l’hôtel Le Méridien a été construit au carrefour de l’Europe. (Photo Belga/Ch.B.)

En 1986, Louis Olivier, ministre des Travaux publics, Jean-Louis Thys, secrétaire d’Etat à la Région bruxelloise et Roger Nols bourgmestre de Schaerbeek décident de lancer la rénovation de la fin du boulevard Emile Jacqmain qui deviendra le boulevard Albert II. Un accord qu’attendait avec impatience la direction de l’hôtel Président qui se plaignait de l’existence de ce terrain vague inhospitalier et dangereux pour ses clients. Des années plus tard, le parc Gaucheret est aménagé. Il accueille depuis deux ans le ballon Belgacom en réparation à la suite des intempéries du mois dernier.

C’était au temps où les tramways circulaient, à l’air libre, sur le boulevard Anspach. Nous sommes avant 1976, date à laquelle l’inauguration de la ligne de prémétro Nord-Sud entre la Gare du Nord et la station Lemonnier est inaugurée. Déjà en 1969, le premier tronçon de prémétro entre la station Schuman et la station De Brouckère avait été célébré, de même qu’un an plus tard la mise en service d’une deuxième ligne de prémétro entre la station Porte de Namur et la station Madou. Sachez également que Pascal Smet, le ministre bruxellois des Travaux publics et de la Mobilité, a récemment suggéré le réaménagement complet des voiries autour de la Bourse. Selon lui, il faut offrir une nouvelle place aux Bruxellois, en déplaçant les arrêts de bus de la Stib aujourd’hui situés devant les terrasses des cafés.

Pour permettre les travaux de prolongation du viaduc du boulevard d’Anvers au-dessus de la place de l’Yser et du canal de Charleroi, des rampes d’accès provisoires à hauteur du garage Citroën sont aménagées au mois de novembre de l’année 1957. Elles seront empruntées quelques mois plus tard par les automobilistes. Pour les riverains, c’est une vision des plus “champêtres” qui s’offre à eux à hauteur du premier étage de leur habitation… C’est le temps d’une ville vouée essentiellement à la voiture où les habitants ne pèsent pas lourd face au développement du réseau routier. Mais nous sommes à l’aube de l’exposition universelle de 57 et Bruxelles doit être à la hauteur. C’est l’époque de la construction des tunnels alors que le tracé des principales voies pénétrantes est redessiné. Aujourd’hui, l’immonde viaduc métallique qui resta en service pendant plus de 58 ans a disparu au profit d’une étendue verte bien plus agréable. (Photo Belga/B.M.)

En 1987, la chaussée d’Anvers affichait de tristes bacs à fleurs publics essayant sans succès de lui apporter un peu de joie. Avec ses murs de brique pelées, la large voie du Quartier Nord n’affichait pas fière allure à l’époque. Dix-huit ans plus tard, un vent de rénovation a soufflé fort de ce côté-là de la ville. L’immeuble du coin affiche désormais visage plus frais et l’église Saint-Roch est apparue avec pignon sur rue. Délimitant ce que l’on appelle aujourd’hui l’Espace Nord et située en Zone d’intérêt régional, la chaussée d’Anvers se transforme de plus en plus en artère à caractère professionnel, les logements cédant le pas à des îlots d’immeubles de bureaux. (Ph. DR et B.M.)

Le tronçon du boulevard Jacqmain situé à l’extrémité nord du Pentagone entre le boulevard Baudouin et la place Gaucheret et baptisé en 1999 boulevard du Roi Albert II affichait grise mine dans les années 80. A la suite des destructions massives des années soixante, le quartier Nord était totalement déstructuré faisant place à de nombreux terrains désaffectés. C’est en 1995 que le prince Laurent inaugurait l’aménagement de la voirie. Le boulevard est désormais traversé en son centre par une promenade verte d’une longueur de 800 m et jalonnée de bancs et de multiples sculptures dont une fontaine-oeuvre d’art de Pol Bury.

La célèbre place de Brouckère prise le 31 août 1971. On y voit le pavillon du centre d'information de la place qui disparaîtra le 15 septembre, pour permettre le début, en novembre de cette année-là, du chantier de la nouvelle ligne de métro destinée à relier cette place à celle de la Bourse. La fontaine-obélisque Anspach, inaugurée en 1897, sera ensuite enlevée pour faire place à la station de métro. Il était question de la remettre en place après les travaux mais finalement elle sera partiellement remontée à l'extrémité du plan d'eau du Marché aux Poissons. En trente années, on peut constater que la célèbre place a perdu... la place en question mais gagné des arbres! (PhotosBelga et CH. Bortels)

Non loin de la gare du Midi, la porte d’Anderlecht est appelée aussi “t’Cruyseken”. Elle fut utilisée comme prison en 1747 et fut détruite en 1724. Il subsiste encore les pavillons de l’octroi de la nouvelle porte datant de 1836, devant lesquels passait une ligne de tram au début du siècle qui subsiste toujours. Aujourd’hui, le macadam a remplacé les pavés, les hommes ne sont plus chapeautés et la circulation est actuellement intense, mais dans l’ensemble, le site a peu changé! Cette porte fait partie de la “seconde enceinte” érigée au XIVe siècle qui comportait des remparts et sept portes. Le glas des remparts a sonné dès la fin du XVIIIe siècle. Mais l’actuelle petite ceinture garde toujours la trace des anciennes portes, puisqu’elle est ponctuée de places qui portent leur nom, comme ici, avec cette porte d’Anderlecht.

L’auguste façade du théâtre de la Monnaie n’a guère changé depuis 1819, date de l’inauguration du nouvel édifice imaginé par l’architecte français Louis Damesme sur la suggestion de Napoléon qui jugeait l’ancienne salle (construite en 1700!) trop vétuste. Ce théâtre fut érigé à la place de l’Hôtel Ostrevent où l’on frappait la monnaie, d’où le nom de “la Monnaie”, que l’Opéra national porte toujours.

Cette photo du boulevard du Botanique et du boulevard Léopold II, prise en mai 1962, montre les trams qui circulent encore en surface. Ce n’est que quelques années plus tard que le prémétro fut construit. Une invention belge, et même bruxelloise! Ce sont les techniciens de la Stib qui ont inventé ces tunnels de gabarit métro, mais qui sont desservis par des “petits” trams. Le premier tronçon de prémétro a été mis en service en 1969 entre De Brouckère et Schuman, et l’axe Nord - Lemonnier en 1976. (Photo DR et Ch. B).

Lorsqu’on compare la photographie des galeries Saint-Hubert prise à l’hiver 1961 à celle d’aujourd’hui, on ne constate que peu de changements. Classé depuis 1986, l’ensemble a été restauré entre 1993 et 1997. Et a retrouvé ses airs de 1847, période à laquelle il fut construit par Jean-Pierre Cluysenaer dans le cadre de l’assainissement des venelles du centre. Dénommé initialement “Passage Saint-Hubert”, l’édifice reçut son nom actuel “Galeries Royales Saint-Hubert”, inspiré de l’ex-rue Saint-Hubert, qui reliait le Marché aux Herbes à la rue des Bouchers, bien plus tard. L’ensemble est composé de la galerie du Roi (à l’est de la rue des Bouchers), de celle de la Reine (à l’ouest), et de celle du Prince qui relie la galerie du Roi à la rue des Dominicains. (Photos DR et Ch. B)

Les halles du Marché aux Poissons, situées devant l'Eglise Sainte-Catherine, furent inaugurées en 1884. Le bassin Sainte-Catherine était l'une des trois voies de pénétration du canal de Willebroek (XVI° siècle) dans le pentagone. L'église Sainte Catherine (au fond), de style "éclectique", est due aux architectes Poelaert et Janssens. Si vous voulez mon avis, le passé de "ville d'eau" de notre capitale n'est pas encore assez mis en valeur. Cette place est bien trop "sèche"...

L'Eglise Notre-Dame du Sablon trouve son origine en 1304, lorsque la Guilde des arbalétriers éleva une chapelle sur ce qui était autrefois un espace désert, entrecoupé de prairies et de marécages. A noter: le bloc de maisons devant l'église a totalement disparu. La place est aujourd'hui le lieu de rendez-vous des bourgeois, jeunes et vieux, dont les sacs et autres foulards sont encore plus "ostentatoires" que n'importe quel symbole religieux (Destexhe et Lizin préparent déjà un projet de loi). En plein hiver, ils préfèrent se geler les fesses à boire un café de 10 cl sur une terrasse plutôt que de reconnaître que la jouissance narcissique d'être observés par une foule admirative et béate ne vaut pas qu'on se tape une broncho-pneumonie de retour à la maison...

Le début de la Chaussée d'Ixelles, au niveau de la Porte de Namur, n'a pas été trop massacré par rapport à d'autres quartiers, exception faite de la présence de la tour Bastion, véritable nid à courants d'air que semble affectionner un certain échevin de l'urbanisme bruxellois, nouvel adepte déclaré des tours mégalos. Les deux pavillons d'octroi qui se trouvaient dans le coin furent déplacés et se trouvent maintenant à l'entrée du bois de la Cambre.

Au milieu du Vieux Marché trônait le bâtiment de la société coopérative "Les Ateliers Réunis", ancêtre des Restos du Coeur.

Vue depuis la cathédrale. Un conseil: ne pas tenter de reconnaître quoi que ce soit, à part les escaliers. Le quartier a été complètement redessiné lors de la jonction Nord-Midi.

Par le passé, on a beaucoup trituré et détruit la ville sans discernement. Et parfois, certains endroits n'ont pas vraiment changé, à part le passage des calèches...

Sans commentaire, ou peu s'en faut. Victor Horta a dessiné les plans de la Maison du Peuple pour pas un rond. Ce chef d'oeuvre d'Art Nouveau sera détruit en 1965 sur décision des... socialistes! Faut-il trouver ici les vrais débuts de la "bruxellisation" ?

Sur certains tronçons, la très longue Rue Royale n'a plus rien de "royal"...

L'hôtel communal de Woluwé-Saint-Lambert, situé place du Tomberg, est inauguré en 1939. Ce bel exemple d'édifice public Art Déco imprégné de fonctionnalisme, dont la construction a duré deux ans, est l'oeuvre de Jospeh Diongre, l'architecte de la Maison de la Radio place Flagey, à Ixelles. Les deux rangées d'escalier menant à la porte principale ont ensuite disparu pour faire place à l'entrée de la station de métro Tomberg. C'est le 20 septembre 1976 que la ligne 1 du métro, reliant De Brouckère à Beaulieu (Auderghem) et Tomberg, est inaugurée. (Photo Acta/D. de Harlez)

A l’aube des années soixante, camions et bulldozers s’affairent au centre de la place Madou. Nous sommes le 20 mai 1959. Les travaux de creusement du tunnel qui permettra aux automobilistes d’éviter le carrefour de la place viennent de commencer. La Tour Madou, l’une des premières édifiées à Bruxelles, rénovée il y a peu, n’a pas encore été construite. Saviez-vous que le nom de la place a été donné en hommage à l’artiste Jean-Baptiste Madou (1796-1877) passionné par le dessin et l’aquarelle ? Il vivait avec sa femme en haut de la chaussée de Louvain... (Photo Belga/D. De Harlez)

Elle fut mise en service en 1855. Et, à partir de cette époque, elle fut le centre de gravité du quartier, lieu de multiples passages de navetteurs. En 1990, le Caprice des Dieux européen sortit de terre, signant le développement du quartier dédié aux instances de l’Europe. Ce fut alors le début de la fin pour ce bâtiment qui fut désaffecté en 1999 puis classé. La gare trône toujours sur la place du Luxembourg qui est un chantier perpétuel depuis plus de vingt ans. Les maisons, Art déco pour la plupart, qui l’entouraient ne sont plus qu’un souvenir... (Photo DR et Ch.B.)

Dans le paysage qui s’étend au pied des serres du Jardin botanique, en 50 ans, il n’y a pas que les arbres qui ont poussé. Sur la vue actuelle, devant la rambarde, on peut voir le bâtiment Dexia et la Tour des Finances. Celle-ci domine la cité administrative, dont la fonction était de centraliser les bâtiments ministériels, et dont la construction dura de 1958 à 83! Revendue il y a trois ans pour 300 millions d’euros à une société privée, la Tour est actuellement vide. Des travaux de désamiantage sont en cours depuis janvier. En 2008, les bureaux rénovés accueilleront près de 5000 employés. (Photos DR, CB)