Du travail tout vert
Dans les faits, des centaines d’offres d’emploi “vert” ne trouvent pas preneur.
(Photo Jean Luc Flémal)
La Belgique dispose désormais d’un accès aux offres d’emploi “vert”. “Green recruitment” profite de l’expansion du secteur des énergies renouvelables et du nombre croissant d’entreprises qui tentent de réduire leur impact énergétique.En Europe, il existe bien quelques acteurs dans le recrutement “vert”, mais aucun n’était présent en Belgique. C’est pour cette raison que Thomas Carlier et Laurent-Philippe Ham ont lancé “Green recruitment” en mars 2010. Ils seront très vite rejoints par un troisième passionné, Vincent Truyens. Leur société propose des solutions de recrutement, de sélection et de délégation de personnel pour les métiers de l’environnement et du développement durable. Contrairement aux autres organismes de recrutement, le trio s’est constitué une importante base de données de spécialistes des questions environnementales, qui lui permet de répondre aux besoins des candidats et des employeurs.
Dans les faits, des centaines d’offres d’emploi “vert” ne trouvent pas preneur. Selon une étude de Monster France, ce serait dû à la méconnaissance de la diversité des métiers existants dans le secteur. De plus, certains considèrent que le développement durable est une mode passagère et instable. Une autre explication serait à trouver du côté des formations professionnelles. Alors que la grande majorité des postes vacants est aujourd’hui destinée à des profils moyennement ou hautement qualifiés, les filières de formations spécialisées ont mis du temps à se mettre en place. De plus, elles offrent à l’heure actuelle un nombre trop limité d’experts et de personnel qualifié (électriciens, ingénieurs,…).
Offres d’emploiSur le site web de “Green recruitment”, les premières offres d’emploi font leur apparition. Certaines sont en français, d’autres en néerlandais ou en anglais. Mais la maîtrise des trois langues est exigée la plupart du temps. On peut y lire qu’une société active dans la dépollution des sols est à la recherche d’“un technico-commercial expérimenté”. Dans une autre annonce, un bureau d’expertises techniques et de conseil actif dans le domaine de l’environnement et de la sécurité recrute “un Senior Consultant Environment”. Ou encore, “cherche bio-ingénieur en R&D ‘biométhanisation’ en Wallonie.”
Le nombre d’emplois verts européens a progressé de 25 % en quatre ans, pour atteindre les 3,4 millions au début de l’année 2009, selon une étude d’Ecorys. Si la plupart sont issus des industries “classiques” telles que le traitement des eaux ou la gestion et le recyclage des déchets, ce sont les emplois liés aux énergies renouvelables qui connaissent le plus bel essor.
En Belgique, la Commission européenne estime une augmentation brute d’emplois à 16 500 unités dans les vingt prochaines années. A l’échelle européenne, si l’objectif de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergies est atteint, plus de 400 000 emplois nets supplémentaires verront le jour, selon l’étude “Employ”.
Le secteur “vert” emploie aujourd’hui 2,3 millions de personnes dans le monde. Et selon les différents scénarii envisagés, entre 6 et 10 millions de “green jobs” devraient être créés d’ici 2030, comme l’explique le rapport de Greenpeace, en collaboration avec l’EREC (Conseil Européen des Energies Renouvelables).
La perspective d’un avenir radieux…
offres d’emploi et renseignements : www.greenrecruitment.eu (le site est en anglais).